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Samira AIT BOUIZERGAN LALIER
Biographie
Depuis les années 1980, Samira Ait Bouizergan Lalier façonne le paysage visuel français avec une exigence rare. Sa carrière débute dans l'effervescence des agences de presse photographiques, d'abord chez Tempsport, puis au sein de la prestigieuse agence Cosmos, où elle gravit les échelons pour devenir responsable des photographes. Durant ces années pivots, elle apprend à déceler la force d'un récit à travers un seul cliché, gérant des reportages d'envergure et affinant son regard sur la narration par l'image.
En 2009, forte de cette expertise, elle fonde VISUELLES, une agence audiovisuelle où l'alliance de l'art et de la technique devient sa signature. Sous sa direction, l'agence produit des contenus uniques, alliant stratégie de communication et esthétique cinématographique. Membre active du réseau Les Filles de la Photo depuis 2022, elle s'engage également pour la reconnaissance de la photographie féminine et la transmission des savoir-faire. Son parcours, qui va de la production exécutive à la direction artistique, fait d'elle une experte complète, capable de transformer une intention visuelle en une œuvre mémorable, portée par une passion intacte pour la puissance évocatrice de l'image.
Projet de résidence
Né d'une épiphanie cinéphile en 1989 face à J'ai épousé une extra-terrestre, ce projet porté par Marc Gauchée explore 120 ans de représentations de femmes aliens, de Méliès aux productions de 2024. Accompagné du réalisateur Patrick Foch et d'expert(e)s, il profite de cette résidence à Rocabella pour transformer une enquête monumentale sur le « male gaze » en un scénario documentaire à la fois rigoureux et accessible.
Le domaine devient ici un personnage moteur : l'équipe projet y imagine des « ponctuations artistiques » où les créatures de l'espace investissent l'architecture de la Riviera. Ensemble, et en lien étroit avec un comité d'experts prestigieux (incluant Éliane Viennot et Raphaëlle Moine), ils décortiquent comment le cinéma de science-fiction a construit, à travers les Sélénites ou les Vénusiennes, une vision hiérarchisée et essentialisée des sexes.
L'enjeu est de démontrer que ces figures extraterrestres, entre soumission et menaces érotisées, sont le miroir de nos propres ambivalences face à l'émancipation féminine. Entre les jardins de l'estate et l'azur méditerranéen, cette résidence permet de structurer un récit filmique où l'analyse théorique rencontre la création visuelle, faisant de Rocabella le laboratoire d'une réflexion nécessaire sur l'altérité, le désir et les rapports de pouvoir.
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