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Marc Gauchée
Biographie
Marc Gauchée est un intellectuel au parcours singulier, alliant une carrière de haut fonctionnaire à une recherche académique de pointe. Diplômé de Sciences Po Paris et titulaire d'une maîtrise d'histoire contemporaine, il a exercé des responsabilités stratégiques au sein de l'État, notamment au ministère de l'Agriculture et à la direction de la communication du Parc de la Villette. Son engagement public l'a également mené à conseiller des figures politiques majeures à la Mairie de Paris et à l'Assemblée nationale, avant de rejoindre la présidence de l'INRAE en 2018.
Parallèlement à son parcours institutionnel, Marc Gauchée est un expert reconnu des représentations du pouvoir. En avril 2025, il couronne ses recherches par un doctorat en études cinématographiques à l'Université Bordeaux-Montaigne, sous la direction de Geneviève Sellier. Sa thèse, consacrée à la figure des adolescentes et des jeunes femmes dans le cinéma français des années 1980, propose une analyse fine des normes de genre et des rapports sociaux à l'écran. Nommé Chevalier des Arts et des Lettres en 2015, il incarne cette passerelle essentielle entre l'action publique, la culture et l'analyse critique des images contemporaines.
Projet de résidence
Né d'une épiphanie cinéphile en 1989 face à J'ai épousé une extra-terrestre, ce projet porté par Marc Gauchée explore 120 ans de représentations de femmes aliens, de Méliès aux productions de 2024. Accompagné du réalisateur Patrick Foch, il profite de cette résidence à Rocabella pour transformer une enquête monumentale sur le « male gaze » en un scénario documentaire à la fois rigoureux et accessible.
Le domaine devient ici un personnage moteur : Patrick Foch y imagine des « ponctuations artistiques » où les créatures de l'espace investissent l'architecture de la Riviera. Ensemble, et en lien étroit avec un comité d'experts prestigieux (incluant Éliane Viennot et Raphaëlle Moine), ils décortiquent comment le cinéma de science-fiction a construit, à travers les Sélénites ou les Vénusiennes, une vision hiérarchisée et essentialisée des sexes.
L'enjeu est de démontrer que ces figures extraterrestres, entre soumission et menaces érotisées, sont le miroir de nos propres ambivalences face à l'émancipation féminine. Entre les jardins de l'estate et l'azur méditerranéen, cette résidence permet de structurer un récit filmique où l'analyse théorique rencontre la création visuelle, faisant de Rocabella le laboratoire d'une réflexion nécessaire sur l'altérité, le désir et les rapports de pouvoir.
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